Créer un serveur Minecraft moddé
Mis à jour le 28 juillet 2026
Pour créer un serveur Minecraft moddé, installez la version de Java qu’exige votre version du jeu, téléchargez les fichiers serveur de votre modpack (le « server pack » sur CurseForge ou via l’application FTB) ou l’installateur serveur de Forge, NeoForge ou Fabric, acceptez le fichier eula.txt, puis lancez le script de démarrage avec une allocation de RAM adaptée. Il reste ensuite à rendre le serveur joignable — ouverture du port 25565 chez vous ou location d’une machine — et vos joueurs s’y connectent avec exactement le même modpack installé côté client.
La procédure n’a rien de sorcier, mais elle est jalonnée de pièges classiques : confondre serveur à plugins et serveur à mods, télécharger le pack client au lieu du server pack, lancer un pack 1.20.1 avec le mauvais Java, ou allouer la RAM au hasard. Ce guide reprend chaque étape dans l’ordre, du choix du loader aux premiers réglages anti-lag, que vous hébergiez chez vous ou chez un prestataire.
Choisir le loader : Forge, NeoForge ou Fabric — pas Paper
Première décision, et premier piège : un serveur moddé ne se construit pas sur Paper ou Spigot. Ces serveurs-là chargent des plugins (économie, protection, mini-jeux), qui s’installent uniquement côté serveur ; ils sont incapables de charger des mods Forge, NeoForge ou Fabric, lesquels ajoutent du contenu au jeu et doivent être présents à la fois sur le serveur et chez chaque joueur. Pour des mods, il vous faut le loader correspondant : Forge pour l’immense catalogue historique (1.7.10, 1.12.2, 1.16.5, 1.20.1…), NeoForge pour la plupart des gros packs récents (1.20.1 et au-delà, dont All The Mods 10), Fabric pour les packs légers et techniques. Dans la pratique, vous ne choisissez pas vraiment : c’est le modpack qui impose son loader et sa version.
Il existe des serveurs hybrides — Mohist, Arclight et quelques autres — qui tentent de faire cohabiter mods Forge/NeoForge et plugins Bukkit sur la même machine. C’est séduisant sur le papier, mais fragile par nature : compatibilité au cas par cas, plugins de protection peu fiables face aux blocs moddés, et la plupart des développeurs de mods comme de plugins refusent le support quand un hybride est en jeu. Mohist a en outre été critiqué pour redistribuer des copies modifiées de plugins. Si vous débutez, restez sur le loader pur du pack ; les alternatives moddées aux plugins (FTB Chunks pour la protection, LuckPerms qui existe en version mod…) couvrent l’essentiel des besoins.
Installer le server pack d’un modpack, pas à pas
Presque tous les grands modpacks fournissent un « server pack » : une archive prête à l’emploi contenant le loader, les mods côté serveur et les configurations. C’est la méthode à privilégier — assembler un serveur mod par mod à la main est long et source d’erreurs. Sur CurseForge, le server pack se trouve sur la page du modpack, dans l’onglet Files : chaque version du pack y propose ses fichiers serveur en téléchargement séparé (ne prenez pas le fichier principal, qui est le pack client). Les packs FTB proposent l’équivalent via leur propre application, qui sait installer directement une instance serveur.
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Installer la bonne version de Java
Vérifiez la version Minecraft du pack et installez le Java correspondant — Java 8 jusqu’à la 1.16.5, Java 17 de la 1.18 à la 1.20.4, Java 21 de la 1.20.5 à la 1.21.x, Java 25 depuis Minecraft 26.1. Les builds Temurin d’Adoptium sont gratuits et fiables.
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Télécharger le server pack
Sur la page CurseForge du modpack, ouvrez l’onglet Files, repérez la version que vos joueurs installeront et téléchargez ses fichiers serveur (« server pack » ou « Download Server Files »), pas le pack client.
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Extraire l’archive dans un dossier dédié
Décompressez le zip dans un dossier vide, par exemple mon-serveur/. Vous devez y voir le jar du loader, un dossier mods/, un dossier config/ et en général un script de démarrage (start.bat, start.sh ou run.bat).
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Accepter l’EULA
Lancez une première fois le script : le serveur s’arrête en créant eula.txt. Ouvrez ce fichier, remplacez eula=false par eula=true et enregistrez — vous acceptez ainsi les conditions d’utilisation de Mojang.
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Régler l’allocation de RAM
Ouvrez le script de démarrage (ou user_jvm_args.txt sur les packs Forge/NeoForge récents) et fixez -Xms et -Xmx à la même valeur : 4 à 6 Go pour un pack léger, 8 à 10 Go pour un gros kitchen sink type All The Mods.
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Premier démarrage et test en local
Relancez le script et laissez le premier démarrage aller au bout — plusieurs minutes sur un gros pack, le temps de générer le monde. Quand la console affiche « Done », connectez-vous depuis votre client moddé avec l’adresse localhost pour valider que tout fonctionne.
La configuration de base : server.properties, whitelist, opérateurs
Le fichier server.properties, créé au premier lancement, concentre les réglages essentiels. Les plus utiles au départ : motd (la description affichée dans la liste des serveurs), max-players, difficulty, view-distance et simulation-distance (voir plus bas), online-mode (laissez true : c’est la vérification des comptes Mojang, la désactiver ouvre la porte aux usurpations), et white-list. Chaque modification demande un redémarrage — ou la commande /reload pour certains réglages, mais le redémarrage est plus sûr.
Activez la whitelist dès le premier soir si le serveur est privé : white-list=true dans server.properties, puis /whitelist add Pseudo pour chaque joueur. Donnez-vous les droits d’administration avec /op VotrePseudo depuis la console. Enfin, prenez l’habitude de sauvegarder régulièrement le dossier du monde (world/) : sur un serveur moddé, une corruption de chunk après un crash n’a rien d’exceptionnel, et une sauvegarde d’hier vaut mieux qu’une map perdue.
Auto-hébergement ou location : les deux écoles
Héberger chez soi ne coûte rien et convient très bien pour jouer entre amis : il faut une machine avec assez de RAM (le serveur tourne en plus de votre client si vous jouez sur le même PC), et surtout rendre le port accessible. Concrètement : attribuez une IP locale fixe à la machine, puis créez dans l’interface de votre box une redirection du port 25565 (TCP) vers cette IP — c’est le fameux port forwarding. Vos joueurs se connectent ensuite via votre IP publique. Les limites sont connues : votre connexion montante fait le débit du serveur, la machine doit rester allumée, et votre IP publique est exposée (et souvent changeante — un service de DNS dynamique aide).
La location d’un serveur chez un hébergeur règle ces trois problèmes : machine allumée en permanence, bonne connectivité, adresse stable, sauvegardes automatiques et panneau de gestion. Comptez en gros quelques euros par mois par tranche de 4 Go de RAM, sachant qu’un serveur moddé sérieux commence à 6-8 Go. Deux critères comptent plus que le prix : la fréquence du processeur (Minecraft reste largement monothread, un CPU récent à haute fréquence bat seize cœurs lents) et la liberté d’installer vos propres fichiers — vérifiez que l’offre accepte l’upload d’un server pack complet et le choix de la version de Java, pas seulement une liste de packs préinstallés.
Premiers réglages anti-lag
Avant tout mod miracle, deux lignes de server.properties font l’essentiel du travail : view-distance (la distance d’envoi des chunks aux clients) et simulation-distance (la distance à laquelle le monde « vit » : cultures, machines, créatures). Sur un serveur moddé, view-distance=8 et simulation-distance=6 sont un bon point de départ — la génération de terrain des packs modernes est somptueuse mais coûteuse, inutile de la simuler à vingt chunks à la ronde.
Ajoutez ensuite les mods de performance côté serveur adaptés à votre loader, et installez spark dès le premier jour : ce profileur (Forge, NeoForge, Fabric) vous dira précisément quel mod, quelle machine ou quelle ferme fait chuter le TPS, au lieu de vous laisser deviner. La commande /spark tps donne la santé du serveur en un coup d’œil ; /spark profiler lance une analyse détaillée. Prenez enfin le réflexe de planifier un redémarrage quotidien : beaucoup de packs fuient un peu de mémoire sur la durée, et un restart à 6 h du matin coûte moins cher qu’un crash à 21 h.
Mods et outils cités
- Téléchargements Forge ↗ — Le site officiel des installateurs Forge, de la 1.1 à Minecraft 26.x.
- NeoForge ↗ — Site officiel du projet NeoForged : installateurs et actualités du loader.
- Serveur Fabric ↗ — La page officielle d’installation d’un serveur Fabric.
- Référence server.properties ↗ — Toutes les clés du fichier expliquées, valeurs par défaut comprises.
- Adoptium (Eclipse Temurin) ↗ — Builds OpenJDK gratuits et certifiés : Java 8, 17, 21 et 25 pour vos serveurs.
- spark ↗ — Le profileur de performances à installer dès le premier jour.
Questions fréquentes
› Peut-on utiliser Paper ou Spigot pour un serveur moddé ?
Non. Paper et Spigot chargent des plugins, pas des mods : ils n’exécutent ni Forge, ni NeoForge, ni Fabric. Pour un modpack, installez le loader qu’il exige. Les hybrides comme Mohist ou Arclight mélangent les deux mondes, au prix d’une stabilité incertaine et d’un support quasi nul de la part des développeurs.
› Combien de RAM faut-il pour un serveur moddé ?
Comptez 4 à 6 Go pour un pack léger et une poignée de joueurs, 8 à 10 Go pour un gros kitchen sink type All The Mods 10, un peu plus au-delà de vingt joueurs. Trop allouer est contre-productif : les pauses du garbage collector s’allongent avec la taille de la heap.
› Mes joueurs doivent-ils installer quelque chose ?
Oui : exactement le même modpack que le serveur, dans la même version, via le launcher CurseForge ou FTB. Un client vanilla ou un pack dans une autre version sera refusé à la connexion. Épinglez la version exacte du pack dans votre Discord.
› Quelle version de Java pour mon serveur ?
Celle de la version Minecraft du pack : Java 8 jusqu’à la 1.16.5, Java 16 pour la 1.17, Java 17 de la 1.18 à la 1.20.4, Java 21 de la 1.20.5 à la 1.21.x, et Java 25 depuis Minecraft 26.1. Un Java trop récent est aussi bloquant qu’un Java trop vieux : Forge 1.12.2, par exemple, exige Java 8.
› Un serveur moddé gratuit, c’est possible ?
Oui, en l’hébergeant vous-même sur une machine qui reste allumée — le logiciel serveur, les loaders et les server packs sont gratuits. Les hébergements gratuits du commerce, eux, sont presque toujours trop limités en RAM et en CPU pour un modpack ; ils dépannent pour tester, rarement pour durer.
› Les joueurs Bedrock peuvent-ils rejoindre mon serveur moddé ?
Non. Les mods Forge, NeoForge et Fabric n’existent que sur Minecraft Java Edition, et le contenu moddé doit être installé côté client. Les passerelles type Geyser, pensées pour les serveurs à plugins, ne transmettent pas le contenu des mods.
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